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MISE AU POINT À PROPOS DE LA VIDÉO DE TÉMOIGNAGES REALISÉE PAR L’ONG AVIPA ET PUBLIÉE SUR YOUTUBE LE 03 JUIN 2020 SOUS LE TITRE: “LE CHEMIN VERS LA RÉCONCILIATION NATIONALE”.

IMPORTANTE MISE AU POINT À PROPOS DE LA VIDÉO DE TÉMOIGNAGES REALISÉE PAR L’ONG AVIPA ET PUBLIÉE SUR YOUTUBE LE 03 JUIN 2020 SOUS LE TITRE: “LE CHEMIN VERS LA RÉCONCILIATION NATIONALE”.

Dans cette vidéo, le doyen Abbass BAH a affirmé dans son intervention sur l’historique du la construction du camp Boiro, que MAGASSOUBA Moriba a construit le “BLOC” tandis que KEITA Fodéba a construit l'”ANNEXE”.
MAGASSOUBA Moriba n’a pas construit le “BLOC” et c’est bien L'”ANNEXE” qui prit le nom de “hôtel Magassouba”, et voici comment :

Ce sont les colons qui ont construit le camp des gardes-cercles qui, comme tous les camps de gardes-cercles des autres colonies françaises était doté d’un lieu de détention disciplinaire, et C’est ce lieu qui constitua le “bloc” du futur camp Boiro.
C’est la construction de l’annexe, que MAGASSOUBA Moriba diligenta, en tant que cadre du parti à la différence de Fodéba.
Mais c’était bien une initiative de KEITA Fodéba.
Il n’en fallut pas plus pour faire de Fodéba le concepteur du Camp.

Or, FODÉBA FUT STATUTAIREMENT EXCLU DE TOUT CE QUI CONCERNAIT LE CAMP DE LA GARDE RÉPUBLICAINE RELEVANT EXCLUSIVEMENT DU PARTI SOUS L’AUTORITÉ DU BPN ET DU COMITÉ CENTRAL.

Il est bon de rappeler que Sékou TOURÉ avait mis en place le principe selon lequel, pour tout ce qui relevait du domaine exclusif du Parti, seuls étaient concernés les cadres de parti, membres du BPN ou du CC.
Et il se trouvait que tout ce qui concernait les commissions d’enquête et le Camp Boiro, était du Domaine réservé du parti.
Il proclamait et imposait la prééminence du Parti sur l’État dans toute structure administrative, du sommet à la base.
Les ministères de Fodéba n’échappaient pas à cette règle dite “prééminence du parti sur l’État”, même lorsque ce dernier, en 1961, cumula les 4 portefeuilles régaliens que sont: l’Intérieur (1957-1962), l’Information (1958-1961), la Sécurité (1958-1962) et la Défense (1960-1965).
C’est de ce cumul que l’on fait abusivement de lui le maître à penser de Sékou TOURÉ, mais loin s’en faut, car il a plutôt lutté contre l’autocratie, ce qui en fit l’homme à abattre plutôt que le complice.

Cette légende complaisamment répandue, prétend même que « c’est sous l’égide de KEITA Fodéba que les tchèques construisirent le Camp Boiro ». D’autres rajoutent même que c’est avec la contribution des mêmes tchèques que le système concentrationnaire fut élaboré par le même Fodéba.

Nous en avons le démenti cinglant dans les archives de l’ex-Tchécoslovaquie.

Déjà, dès décembre 1959, donc au tout début de la coopération technique policière et militaire avec la Tchécoslovaquie (juin 1959), Fodéba fit déménager de Conakry à Kankan, l’école de Police que les colons avaient créée au sein du camp des gardes-cercles, devenu à l’indépendance camp de la Garde Républicaine, futur camp Boiro.

Que se passa-t-il ensuite avec les tchèques ?

Voici ce qu’en disent les rapports consignés dans les archives tchèques ( ref : SÚA-A ÚV KSC, f. 02/2, svp 325, ar. j. 412 k informaci, schuze PB ÚV KSC – 2 octobre 1961. ) :
« Tous les responsables de la sécurité guinéenne qui avaient étudié en Tchécoslovaquie furent mutés après leur retour en Guinée en avril 1960, à des postes subalternes hors de la capitale, et leurs connaissances furent confrontées à celles des responsables formés à l’Ouest.

Les services secrets tchécoslovaques apprirent, en juin 1960, que trois employés de la sécurité guinéenne devaient suivre une formation aux États-Unis.
Lorsque le résident des services secrets tchécoslovaques interrogea KEITA Fodéba à ce sujet, il considéra qu’il s’agissait d’une intervention dans les affaires intérieures du pays ».

Toujours selon les termes exacts de ces archives :
« KEITA Fodéba écarta ensuite les conseillers tchécoslovaques de leurs fonctions opérationnelles et les mutations comme professeurs à l’école de Police de Kankan. Seuls les conseillers techniques dont les guinéens ne pouvaient se passer restèrent dans la capitale».

On voit bien là, et selon les tchèques eux-mêmes, que Fodéba avait pris ses distances et agi, non seulement pour les éloigner de Conakry, mais aussi pour les écarter de toutes “fonctions opérationnelles”.
Cela démonte irréfutablement les tissus de mensonge insidieusement entretenus à son égard.
À propos, c’est le lieu de préciser que si, en 1959, les équipements utilisés pour les transmissions militaires radio de campagne furent fournis à l’Armée guinéenne en un lot faisant partie d’un don d’équipements militaires, suite à la demande de KEITA Fodéba, le détournement de la gégéne électrique en instrument de torture fut une pratique de l’armée française, ramenée en Guinée par les militaires revenus de la guerre d’Algérie et d’Indochine.

De 1962 à 1965, il n’a gardé que le portefeuille de la défense, avec pour Directeur de Cabinet, MAGASSOUBA Moriba.
Ce dernier y représentait la systématique autorité du Parti au titre du Comité Central, de même que Tibou Tounkara au titre de la JRDA, puisque Fodéba voulait développer le Service Civique dans lequel les jeunes guinéens auraient été formés et occupé des professions relatives aux travaux indispensables au développement (construction et travaux publics) avec l’appui de L’USAID comme il en fit la demande au Président Lyndon B. JOHNSON en décembre 1962, puis, au vu des réticences bien guinéennes malgré l’accord américain, il réduisait la voilure à la seule Armée Nationale en faisant appel à son ami, le ministre fédéral allemand de la Défense, KAI UWE VON HASSEL.
À noter qu’auprès de l’état-major inter-armes, l’autorité du Parti était incarnée par le “Général” Lansana DIANÉ.

Lorsque, pour changer les conditions de la détention, Fodéba exigea la construction de l’annexe, on lui répondit que son ministère pouvait s’en charger budgétairement, mais sous l’égide du Comité Central du parti, représenté par son Directeur de Cabinet.

Celui qui y était donc référencé, à ce titre, comme “prééminent” fut d’abord TALL Habib, auquel succéda MAGASSOUBA Moriba en tant que cadres et référents du parti.

C’est ainsi que, lorsqu’il fut question de modification, MAGASSOUBA Moriba fut le responsable commis par le Parti à superviser la construction de cette annexe dont les cellules furent vite qualifiées de cellules paradis par les prisonniers eux-mêmes.

Ainsi, l’annexe au bloc du Camp de la Garde républicaine fut appelé “Hôtel Magassouba”.

Mais MAGASSOUBA Moriba n’a pas construit le “Bloc”, le bloc fut hérité des colons.

Quant à Fodéba, il serait peut-être temps de lui reconnaître d’avoir constamment payé de sa personne en s’interposant contre l’établissement d’un pouvoir personnel et surtout, d’avoir été un rempart contre cette sourde évolution qui engendrera le système du camp Boiro.
Je joins à ce post des éléments d’appréciation qui éclaireront ce qui sont de bonne foi, à savoir les images du camp Boiro au lendemain de son ouverture en 1984, ainsi que le témoignage d’un amoureux impartial de la Guinée, Jean-Paul ALATA, évoquant à la fois KEITA Fodéba et “l’hôtel Magassouba” (L’ANNEXE ).

De l’origine française des techniques de torture à la gégène utilisées au camp Boiro.

《Cette technique a été décrite dans un manuel de torture français intitulé Le Manuel de l’officier de renseignement, écrit par le colonel Bigeard.》

Source Wikipedia : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9g%C3%A8ne

La torture à l’électricité a très souvent été utilisée depuis l’apparition des premiers générateurs. La gégène n’est qu’une variante « portative » de cette dernière.

Elle fut utilisée dès les années 1930 par la Sûreté générale indochinoise entre autres chargée de la répression des mouvements nationalistes vietnamiens. Elle fut ensuite utilisée durant la guerre d’Algérie, par les militaires français, notamment durant la bataille d’Alger, sur les membres présumés du Front de libération nationale (FLN), pour leur soutirer des informations, tels que les emplacements de bombes à retardement.

Technique:

Le générateur se présente comme une dynamo électrique manuelle à manivelles, destinée à alimenter une radio portative de 67 à 135 volts et de basse intensité.

Le principe était de placer les électrodes (+/-) à différents endroits du corps, afin que le courant électrique – un courant continu de basse tension – traverse celui-ci. La plupart du temps une électrode était placée sur une oreille et l’autre sur les parties génitales, ce qui permettait, selon l’intensité et la durée d’utilisation, de dépasser le seuil de douleur d’électrisation propre à chaque individu, dans le but d’obtenir des renseignements.

Cette technique a été décrite dans un manuel de torture français intitulé Le Manuel de l’officier de renseignement, écrit par le colonel Bigeard.

Ce livre a été diffusé à travers le monde et les techniques reprises par différents pays :

En Amérique latine, durant l’Opération Condor ;

Par le gouvernement d’Augusto Pinochet.

Il faut rajouter à cette liste notre pays avec le camp Boiro.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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