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Contre l’avis des médecins, mosquées ouvertes au Pakistan pendant le ramadan

Les autorités ont cédé aux exigences des chefs religieux du pays, alors que le pic de l’épidémie due au coronavirus n’a pas été encore été atteint.

Les médecins du Pakistan craignent le pire : les autorités de ce pays musulman de 220 millions d’habitants ont autorisé l’ouverture des mosquées pour les prières collectives durant le ramadan. Le président Arif Alvi a annoncé cette décision, samedi 18 avril, à l’issue d’une rencontre avec les chefs religieux qui faisaient pression pour obtenir que les mosquées soient exemptées de toute mesure de confinement. Le premier ministre, Imran Khan, l’a justifiée en expliquant qu’on ne peut « empêcher par la force les gens d’aller à la mosquée ». « Je connais ma nation. Le ramadan est un mois de culte », a-t-il dit. Cette période est aussi pour les religieux un moment privilégié de collecte d’argent.

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Les fidèles pourront prier chaque soir ensemble et célébrer la rupture du jeûne. Une vingtaine de règles de bonne conduite ont été édictées par les autorités, comme respecter 2 mètres de distance, apporter son tapis de prière, désinfecter le sol des mosquées, ne pas discuter, ne pas se serrer la main, faire ses ablutions à la maison. Les personnes âgées et les malades devront rester chez eux.

« Le gouvernement a pris une très mauvaise décision », s’est emporté Qaiser Sajjad, secrétaire général de l’Association médicale du Pakistan, au cours d’une conférence de presse à Karachi, pourfendant l’attitude des oulémas « qui jouent avec des vies humaines ». L’association a adressé une lettre au gouvernement pour lui demander de limiter l’accès des mosquées à cinq personnes maximum. Selon les praticiens, les hôpitaux désignés pour traiter l’épidémie sont déjà presque à saturation, alors que l’épidémie n’a pas atteint son pic. Officiellement, 11 700 cas et 250 morts étaient recensés au samedi 25 avril, principalement dans le Pendjab et dans le Sindh.

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